Histoire et Economie
Les séjours de Fénélon à Meslin-L'Evêque
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S'il ne fut jamais qu'un Meslinois…l'occasion, Fénélon n'en aura pas moins marqué le village pour la postérité. Cependant, les quelques mois qu'il passera dans sa résidence n'auront pas manqué d'influer sur la vie locale car l'illustre personnage s'amenant avec secrétaire et valetaille, eut certainement à s'occuper sur place des devoirs de sa charge d'archevêque sinon d'autres tâches plus proches de sa personnalité.
Aussi sa présence passagère dans cette belle maison, bâtie spécialement pour lui, laissera aux fervents de l'histoire, cette touche particulière qui contribue à la renommée d'une localité.
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D'autant plus que l'habitat du célèbre prélat a été conservé quasi dans son état d'origine, et il faut en savoir gré aux propriétaires successifs. La vaste demeure Renaissance si typique d'une époque vaut d'ailleurs le petit détour par la Place de Meslin.
Les causes d'une retraite
Fénélon arriva à Meslin, précédé d'une déjà fameuse réputation. Précepteur du Duc de Bourgogne et des filles du duc et de la duchesse de Beauvillers, outre ces fonctions de pédagogue hardi, ce prêtre mystique sous ses allures hautaines et ambitieuses de hobereau périgourdin avait depuis longtemps séduit ou scandalisé par ses œuvres d'écrivain habile, marquées des souvenirs de l'antiquité classique mais surtout par des allusions satiriques et politiques qui provoquèrent curiosité et scandales.
Inévitablement ces écrits acerbes contre les grands du moment les irritèrent au point de déclencher leurs violentes réactions. En 1699, les sanctions tombèrent comme des couperets.
Louis XIV en personne, blessé dans son absolutisme par la parution de Télémaque y alla de ses foudres et le fit disgrâcier. Comme dans le même temps, il avait engagé une vive polémique avec Bossuet, Fénélon, qui avait adopté la doctrine quiétiste, va se voir condamné en cour de Rome et il devra là aussi se soumettre toujours en cette même année 1699.
De cet épisode de sa vie tumultueuse, il héritera du surnom de " Cygne de Cambrai ", qui le différenciait par son caractère de Bossuet, " L'Aigle de Meaux ".
La douceur meslinoise pour ses 48 ans
Astreint de se retirer à Cambrai, où il était archevêque et duc depuis 1695, Fénélon va alors rechercher le silence durant diverses retraites gardées secrètes.
De celles retrouvées, on peut affirmer que le remuant seigneur mitré a séjourné à Meslin : du 1er août au 4 octobre 1699 ; du 15 août à la Toussaint de 1700 .
Ses biographies affirment qu'il vint alors y chercher le calme et soigner sa santé.
Il serait surprenant que le " disgrâcié " à l'habituelle activité débordante, se soit cloîtré dans ses murs, se contentant de quelques reposantes promenades sous les platanes du lieu ou d'y faire ses dévotions dans la vieille église qui sera reconstruite en 1792.
On n'a que peu de détails sur ses séjours en dehors des contacts qu'il eut avec le curé Radoux, le pasteur de Meslin, à qui il fera d'ailleurs écrire par la suite.
On peut pourtant supposer que le duc de Cambrai profita de ces heures d'accalmie pour entamer la préparation d'autres ouvrages où l'auteur-académicien persistera dans sa réflexion politique. Définitivement relégué à Cambrai où il mourra en janvier 1715, Fénélon écrira encore en 1714 " La lettre de l'Académie ", considérée comme son testament littéraire et qui est remplie de maints projets de réforme.
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